Nicolas Le Bec, le prince de Saint-Ex
A Lyon, Nicolas Le Bec façonne le nouveau paysage gastronomique de la capitale du goût. Chef doublement étoilé au guide Michelin, il vient d’ouvrir un deuxième restaurant dans l’enceinte de l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry, l’Espace Le Bec ; un troisième suivra l’an prochain dans le nouveau quartier Confluence de la citée des gaules, il sera baptisé Rue Le Bec.
Également en 2009, dans la rotonde de l’opéra Garnier, Paris accueillera ce cuisinier bâtisseur, fou de voyages, de vie et de nouveautés.
New York
C’est une ville qui a changé le cours de ma vie. À 16 ans et demi, après mon CAP, je me suis posé de l’autre côté de l’Atlantique, à Manhattan. J’ai de la famille à New York, mon arrière-grand-
père a émigré là-bas, il était cuisinier. Ses fils l’ont suivi dans le métier. L’un d’eux est toujours vivant, il vit aujourd’hui encore à Manhattan. C’est un homme de salle, un aubergiste. Dans cette ville, j’ai découvert l’indépendance.
J’y ai mesuré l’immensité et la diversité du monde, son cosmopolitisme. Depuis, je garde une passion pour les contrastes, je reste fasciné par la proximité des extrêmes.
Luxe
Je pars plusieurs fois dans l’année pour faire des démonstrations de cuisine à Sao-Paulo, Shangaï, Singapour, pour des repas privés ou pour Park Hyatt… On vient nous chercher en limousine à l’aéroport, l’hôtel cinq étoiles est évidemment haut de gamme, le prix du repas est de 400 euros… Mais moi, mon luxe, c’est de parcourir les rues la nuit,d’aller dans les marchés, rencontrer desgens, goûter la cuisine qui se fait là sur le trottoir. Pendant ces voyages, je ne dors pratiquement pas, je veux tout voir, tout faire. Pour ces démonstrations, je n’amène aucun produit de France, je trouve tout dans ces marchés de nuit et j’improvise en fonction. Je n’ai avec moi qu’un petit sac, avec mes trucs fétiches qui me permettent de me sortir de toutes les situations : de la pectine de pomme pour les liaisons, du bois compressé pour des fumages instantanés, quelques épices et d’autres petits secrets…
Racines
Je suis originaire du Morbihan, mes racines bretonnes sont fortes, mais elles ne m’empêchent pas de bouger. Le Breton est voyageur, je peux partir demain à l’autre bout de la planète. Mes racines me suivent… Je peux tout quitter du jour au lendemain.
Stabilité
Je suis constamment en mouvement, on ne me verra jamais lire le journal dans un fauteuil ou regarder la télévision, m’asseoir pour manger est assez exceptionnel… Ma cuisine m’apporte la stabilité dont j’ai besoin. C’est pourquoi, je veux qu’elle reste une cuisine de tous les jours, en prise avec le quotidien. Je la souhaite épurée, posée, structurée. Je ne veux pas d’une cuisine technique, sans personnalité.







