LA ROUTE DE L\'INSPECTEUR

La route des vins d’Alsace

De Colmar à Illhaeusern et son incontournable Auberge de l’Ill, suivez la route des vins d’Alsace à travers vignes et villages au charme incontestable.

Haltes touristiques et découvertes gourmandes ponctuent le voyage.

COLMAR (Km 0)

Curiosité, la première étape de cette « route des vins » se fait… à pied. Départ devant l’Office du Tourisme, face au Musée d’Unterlinden. Le bon plan ?
Garer son véhicule au parking de la mairie et baguenauder à la découverte d’une ville qu’un drôle de panneau directionnel ouvre sur le monde :
Washington à l’Ouest (8 302 km), Johannesbourg au sud (8 465 km), Moscou à l’est (2 228 km) et Oslo au nord (1 337 km).

Cap sur la « Petite Venise », quartier piétonnier et coeur touristique d’une ville riche en musées où coule la rivière Lauch (le poireau en alsacien). Près de l’eau, où passent les bateaux à fonds plats des anciens maraîchers qui, aujourd’hui, promènent les touristes, la drôle de façade d’un restaurant. Vue de loin, une maison à l’ancienne avec colombages. Et en se rapprochant, la révélation d’un mur en trompe l’oeil, signé Edgar Mahler. JY’S : l’enseigne est énigmatique, mais l’explication coule de source : les initiales du chef propriétaire, Jean-Yves Schillinger, le gamin de Jean, longtemps gloire culinaire locale, noté à deux étoiles et disparu tragiquement dans l’incendie criminel de son restaurant dont il ne reste rien, plus loin. Le fils donc, qui possède un point commun avec Bartholdi, le célèbre sculpteur dont un musée permet de découvrir le talent : comme lui mais plus tard, bien plus tard, il est parti chercher fortune en Amérique.

Arrivé à New York, il a découvert, entre Manhattan et State Island, cette statue de la Liberté dont une réplique se dresse, fière, sur la RN 83 à l’une des entrées de Colmar.

Après Destinée et Olica (trois étoiles au New York Times, une référence), il est revenu au pays des projets plein la tête. Rien de surprenant que sa cuisine soit celle du monde. Contemporaine et inventive. « D’autres font très bien la cuisine alsacienne » dit-il simplement. Il propose aussi un bar lounge et planche sur un projet de boulangerie brasserie qui ouvrira ses portes en fin d’année près de la Collégiale Saint-Martin. Colmar bouge. À deux pas, Julien Schroeder mise depuis la fin avril sur une cuisine « simple mais bonne » en sa Wistub de la Petite Venise où son épouse Virginie l’épaule au service. Et, pas très loin, Isabelle Sipp ouvre son atelier de cuisine aux amateurs qui peuvent, ensuite, déguster leurs préparations…