LA ROUTE DE L'INSPECTEUR

La Bourgogne, une renommé bien méritée

Des contreforts du Beaujolais au cœur des vignes bourguignonnes, suivez un guide expert en gourmandises…

Gare SNCF de Belleville. Parfois terminus, au cas particulier point de départ d’un périple gourmand. Jadis, les trains de grandes lignes passaient ici et les voyageurs descendaient par grappe découvrir le charme du petit village, porte d’entrée du Beaujolais. Ce temps est révolu et seuls les TER s’arrêtent désormais dans cette charmante gare. En provenance de Lyon certains mènent à Mâcon, d’autres poussent jusqu’à Chagny. En parallèle, en quelque sorte, à cette Nationale 6 qui traverse la Bourgogne.

A quelques pas de la gare, Le Beaujolais. Une maison rustique avec chambres (désormais désuètes) à l’étage, créée voici un siècle et demi par un certain Pelletier. Dans les années soixante, le guide Michelin distinguait la cuisine des frères Raymond et Robert Dalmaz « une des meilleures dans leur catégorie » en attribuant une étoile qui brilla plusieurs décennies au-dessus de cette solide maison de famille.

Maison de famille justement. C’est l’esprit que lui ont donné Annie et Sébastien Reumaux, débarqués ici en juin 2004 et qui n’ignorent rien de l’histoire de « leur » Beaujolais. A chacun son rôle : le mari en cuisine, l’épouse en salle. Discret, le Ch’ti natif de Bergues (si, si, la ville où Dany Boon a tourné son dernier film), a découvert son métier dans sa région d’origine avant de s’exiler sur la Côte d’Azur (Vergé à Mougins et Issautier à Saint-Martin-du-Var en particulier). Après un court passage à Lyon, il est monté dans le Beaujolais. Son credo ? « Une bonne auberge où les gens se sentent bien. Un lieu sympathique et sans prétention. Pas de décor ou de grand service. » Sa cuisine ? « Des produits de qualité, tout simplement. Une terrine de lapereau au thym et au romarin, des escargots de Bourgogne, une andouillette du Beaujolais. »

Ce matin-là, l’odeur du gratin dauphinois incite à s’attabler. A prendre le temps de la déguster avec un filet de bœuf à la beaujolaise avec sa sauce au gamay. « Je peux vous donner quelques bonnes adresses de vignerons » glisse Annie qui défend les producteurs locaux. Elle parle d’Alain Marquetoux et de « son vin façon vigneronne », de Daniel Mathon et ses « vielles vignes vinifiées dans la tradition » ou de Daniel Rampon et ses « cuvées spéciales. »

« On connaît le producteur et sa façon de travailler » ajoute Sébastien indiquant aussi qu’à travers une boutique à la sortie du village à l’enseigne de « Bobosse », Bernard Jubran a pris le relais de cette figure légendaire du coin et charcutier hors pair.

En piquant vers la RN 6, route choisie pour le périple, la solide maison est à main gauche. A toute heure on déguste des vins gouleyants et on découvre les charcuteries locales…

Article à retrouver en page 94
d’étoile numéro 1